project room : LEONOR ANTUNES, KATINKA BOCK, HELEN MIRRA

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20 septembre – 24 octobre 2019

Vernissage le jeudi 19 septembre à 18h

 

Le poids. L’attractivité sourde d’une matière dont on ne sait ni l’évidence ni la source. Les piètements, les structures et surtout le laiton. La finition relève d’une réinvention de certaines lignes. En premier lieu, je pense aux meubles de Marcel Gascoin et à l’idée d’une « respiration de l’espace »1. En second lieu, à l’approche vernaculaire : ce vieux pêcheur portugais qui raccommode ses filets. Modernisme et savoir-faire traditionnels feraient-ils bon ménage ? Existe-t-il une forme de mémoire des savoirs via nos pratiques contemporaines ?

La toile. L’espace d’un instant : une représentation improbable d’un univers, d’un plan. Je pense aux peintures aborigènes. Celles d’Alice Springs. Là, il s’agit de composer. Soient des espaces cartographiques et poétiques, une méthode, peut-être même une philosophie.

La mesure. S’autoriser un paysage mental et réfléchir aux finalités humaines, aux dynamiques. Je pense ici au Parti pris des choses de Francis Ponge2 et à ce film de Jean-Daniel Pollet : Dieu sait quoi3.

Je pense enfin à Giovanni Anselmo lorsqu’il nous dit : « Moi, le monde, les choses, la vie, nous sommes des situations d’énergie et l’important est justement de ne point cristalliser ces situations, mais bien de les maintenir ouvertes et vivantes en fonction de nos vies.4»

– John Cornu

 

  1. Marcel Gascoin, Design utile, Paris, Editions Piqpoq, 2011, p. 14.
  2. Francis Ponge, Le parti pris des chosesSuivi de Proemes, Paris, Éditions Gallimard,
  3. Jean-Daniel Pollet, Dieu sait quoi, Belgique, France, 85 minutes, 35 mm, 1993.
  4. Giovanni Anselmo, Catalogue monographique, Édition Régie Autonome des Musées, Nice, 1996, p.11.

 

Cette project room est organisée en partenariat avec le Frac Bretagne.

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Leonor Antunes, the tiles are black in the studio area, 2008-2012. Collection Frac Bretagne © Droits réservés. Photo. Marc Domage.